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Abas Koanda

Koanda Abas est le Président de Tigoung Nonma (TN). Il est aussi artisan et travaille le cuir. 

Abas a grandi à Tenkodogo. Quand il avait 6 ou 7 ans, une missionnaire, Yviy Calgo, de la Mauritanie a déménagé dans son village et a ouvert un centre pour les personnes vivant avec un handicap en face de sa maison. S’il a bien compris, ce centre était le premier de son genre qui existait au Burkina Faso, et peut-être même le premier dans toute l’Afrique de l’Ouest car Calgo a ouvert  des centres supplémentaires dans la région. Au début, le centre s’était concentré sur la rééducation et les interventions, puis a été destiné a donné des compétences aux personnes vivant avec un handicap pour leur permettre de travailler. 

Les parents d’Abas l’ont emmené au centre et il a habité là-bas durant son adolescence. A l’époque, le centre a fourni des ateliers d’artisanat, la rééducation et des moyens de mobilité. L’artisanat a bien marché ces années-là, puisqu’il il y’avait des commandes de l’Europe. C’est grâce au centre que Abas a acquis les compétences de bases pour devenir artisan, surtout parce qu’il a eu l’occasion d’aller au Niger et de se performer dans la maroquinerie pour 3 mois, ce qui est plus tard devenu sa profession.  

Après le départ de Calgo, il a aidé dans la gestion du centre avec un comité de son village, mais les activités artisanales ont souffert pendant ce temps. Alors Abas a quitté le centre quand il avait 20 ans, et a commencé tout seul sa carrière d’artisan. Apres avoir travaillé chez lui pendant deux ans, son collègue vivant avec un handicap lui a demandé de l’accompagner à Ouagadougou. Il a profité de cette occasion pour  déménager en ville et a travaillé à l’atelier de son collègue durant deux ans. Cette période a été particulièrement dur parce qu’il travaillait beaucoup tous les jours pour gagner à peine de l’argent, vu que son collègue lui payait des petits montants de 200 ou 500 FCFA (30-60 cents) de temps à autre. Il était dans une position difficile parce qu’il partageait l’atelier de son collègue et de ce fait dépendait de lui. Le partenariat s’est terminé finalement et il a continué seul, en travaillant dans une boutique artisanale au sein d’un stade de Ouagadougou, avant de déménagé enfin dans son propre atelier. Cela a aussi été difficile parce que Abas a dû habiter à l’atelier jusqu’à ce qu’il trouve une maison. 

Abas travaille dans le même atelier depuis 20 ans, et il est maintenant très bien connu dans le quartier pour y avoir travaillé pendant des années. Il dit que beaucoup de gens viennent le voir pour réparer leurs articles en cuir et lorsqu’ il y a des évènements à Ouagadougou, beaucoup de clients viennent chez lui pour acheter ses œuvres en cuir à cause de la haute qualité de son travail.

Il croit que, en général, les artisans burkinabés rencontrent beaucoup de problèmes encore pire que ceux des artisans vivant avec un handicap. Il dit qu’un des problèmes majeur est que, contrairement à lui, a peu près 90% des artisans vivant avec un handicap travaillent dans les associations parce qu’ils ne peuvent pas se permettre de payer leur propre atelier. Même pour lui, ce n’est pas facile d’avoir un atelier, car il doit payer 15 000 FCFA (23€) de loyer par mois pour son atelier, et il y a des mois ou il a du mal à gagner assez d’argent. Il est aussi difficile pour lui d’exposer ses œuvres, à cause du cout. Son atelier est minuscule et même pour installer une sorte d’étalage dedans est trop cher. 

Abas est membre de TN depuis sa création en 2005, et il est le président depuis la première année de son existence. Il dit que TN a eu un grand impact sur sa vie, parce que son revenu a augmenté à travers des commandes qu’il a eu par le biais de la coopérative, ainsi son travail est plus visible grâce à des expositions financées par TN.